Médiologie

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Salut l’artiste

Des artistes salués par Médium

La Rédaction, 23 novembre 2015

Guy Limone, par Françoise Gaillard (Médium 35)

Guy Limone est un artiste qui joue avec les mots, avec les chiffres, avec les formes, avec les couleurs, avec le désordre du monde dissimulé sous un empilement de statistiques.

Pas de buzz pour Théo par Pierre-Stéphane Murat (Médium 32-33)

Deux destins se sont croisés en ce début d’année : Golden Globes, Bafta, Césars, puis Oscars, ce fut l’assomption au ciel mondain et médiatique d’un objet filmique peu identifiable, The Artist, cependant que, double disparition, passait dans les oubliettes de l’actualité la mort de Théo Angelopoulos, ce démiurge du cinéma. D’un côté, l’apothéose du make believe contemporain sous couleur d’un revival du passé de l’autre, la condamnation à l’invisibilité, la damnatio memoriae de qui s’est ingénié à forer l’histoire pour éclairer le présent. Soit un succès abusif et une grave ingratitude.

Miguel Chevalier, par Françoise Gaillard (Madium 31)

Jean Tinguely et ses machines insensées. Par Paul Soriano (Médium 30)
On a commémoré en 2011 le vingtième anniversaire de la disparition de Jean Tinguely. Cet artiste plasticien suisse né le 22 mai 1925 à Fribourg et décédé le 30 août 1991 à Berne est surtout connu pour ses « installations » en mouvement, qui ne sont pas seulement destinées à être vues, car certaines émettent des sons ou même des odeurs, tandis que d’autres peuvent être parcourues, habitées pour ainsi dire. Tinguely : nom prédestiné qui sonne comme un cliquetis mécanique pour ce bricoleur opiniâtre de machines énigmatiques, inquiétantes ou cocasses, amicales ou sadiques, bouffonnes ou diaboliques, mais toujours résolument inutiles, voire insensées : Nonsens-Maschinen, comme on dit en (suisse) allemand.

Lucio Fanti, un si beau camp de vacances. Par Régis Debray (Médium 29)

Peut-on être à la fois ironiste et poète ? Dedans et dehors ? Lyrique et satirique ? Peut-on à la fois épouser intimement le passé d’une illusion et le tourner subtilement en dérision ? Si on a beaucoup de talent, oui. Car c’est un art très difficile, tant, dans nos habitudes, l’empathie et la distance s’opposent. C’était l’art de Milan Kundera dans ses premiers romans. C’est celui de Lucio Fanti dans ses tableaux « soviétiques ».

Bernard Plossu, l’autorité du flou, par Monique Sicard (Médium 27)

« On a voulu faire de moi le symbole du gars qui fait des flous mais je fais aussi des photos nettes. » « On a dit que j’étais un photographe méditerranéen mais je photographie partout, par tous les temps. » Bernard Plossu casse les catégories et les enfermements. Il aime les trucs, les expériences, les amis, la vie. Ce qu’il est : un chercheur de bouts du monde, luttant contre le convenu, se lançant dans la course à la démythification. De fait, Le Jardin de poussière, collection singulière d’une vingtaine de photographies petit format – 11,4 x 7,6 – aux gris superbes et d’une netteté quasi précieuse, en hommage ou référence aux daguerréotypes des débuts, côtoie les flous des corps, des trains, des dunes, des camions, des cow-boys et des cimetières de voitures. À peine étions-nous habitués aux tremblements que Plossu lançait une nouvelle provocation : après tant de vibrations, le contemplatif et la précision dérangent.

Rembrandt, Méditations anatomiques par Monique Sicard (Médium 26)

Il faut penser La Leçon en noir et blanc. Cligner des yeux. Dans la lumière, le corps du cadavre, l’âme des médecins. Dans l’ombre, le crâne du mort, le corps des vifs. Dans l’obscurité, le livre. Dans la clarté, la chose et l’exercice d’un enseignement. En clair, les mains. En noir, les pieds. Rembrandt a vingt-six ans lorsqu’il réalise La Leçon d’anatomie. Le dualisme irriguant le tableau n’est pas une tocade. Il se retrouve tout au long de l’oeuvre du peintre. Aux uns, l’âme immortelle. Aux autres, le corps, potentiellement en décomposition. On peut s’étonner, ici, de ce choquant retour sur terre d’un corps-cadavre en cours de dissection.

Ernest Pignon-Ernest : Le perce-muraille (Médium 24-25)