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Transports et circulation

Route, anti-route et méta-route

La Rédaction , 12 novembre 2015

Pourquoi la route mérite-t-elle d’être tenue pour un « objet philosophique » ? Il est possible de la regarder en géographe, en historien, en ingénieur des travaux publics : dans ce cas, la route vient de ce que la terre a été battue, écrasée ou surtout recouverte, afin de faciliter la circulation et empêcher la stagnation de l’eau. Mais le philosophe la voit autrement.

Il note d’abord que l’animal ne connaît pas la route, seulement la piste, le trajet et le seul déplacement. Il ignore ce qui est réversible ; or la route rend possible aussi bien l’aller que le retour. Elle fonctionne dans les deux sens.

Sur la route, nous partons, mais nous pouvons aussi retrouver le lieu que nous avons quitté : nous revenons, tel Ulysse. Cette double possibilité met déjà de la passion sur ce ruban où nous circulons. Comme la route est semée de nombreux indicateurs, nous saurons retrouver notre point de départ. Objet philosophique, parce que la route ouvre sur les deux directions et rend possibles aussi bien l’évasion que son annulation (je vous quitte mais je vous retrouve, par l’usage du même moyen).

La suite de cet article de François Dagognet (1924-2015) qui avait coordonné ce 2e numéro des Cahiers de médiologie 2e semestre 1996) peut être téléchargée au format pdf.

Route, anti-route et méta-route, par François Dagognet