Médiologie
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Jacques Lecarme : contributions à la revue « Médium »

par La Rédaction

Publié le : 9 août 2020. Modifié le : 22 juin 2024

M60-61. « La mort et après » (juillet-décembre 2019).

« Renaître par le suicide »

Une stratégie littéraire méconnue mais efficace : pour se donner les meilleures chances de résurrection, via une belle biographie, se donner la mort.

M56. « Qui croire ? » (juillet-septembre 2018)

« Flaubert, Satan et nous »

« Pour que de la matière ait tant de pouvoir, il faut qu’elle contienne un esprit. L’âme des dieux est attachée à ses images... Ceux qui ont la beauté des apparences peuvent séduire. Mais les autres … qui sont abjects ou terribles, comment y croire ?... »

M51. « A la française » (avril-juin 2017)

« Les heures sombres »

Quand la France vaincue cherchait des boucs émissaires… Barrès est mort, Maurras oublié, Pétain honni mais ils bougent encore.

M50. « Littérature, chutes et rebonds » (janvier-mars 2017)

« La peau de chagrin »

Chronique d’une mort différée. Tous ceux qui s’attachent, professionnellement, à l’étude de tel ou tel écrivain mémorable se plaignent de la désaffection qui entoure leur favori, par ailleurs leur chantier et leur gagne-pain.

M49 « Quelle guerre ? Quelle Victoire ? » (octobre-décembre 2016)

« 1918 : quelle victoire ? »

Après une terrible guerre, une drôle de victoire : les vainqueurs doutent et les vaincus espèrent.

M48. « Matières à penser », pour François Dagognet (juillet-septembre 2016)

« Pour Malraux »

Avec son livre tardif et posthume, L’Homme précaire et la littérature, Malraux se révèle une fois de plus médiologue. C’est sous cet angle que Jacques Lecarme, malrucien émérite, examine la réédition de cet ouvrage dans le tome 6 et dernier de La Pléiade.
En 1977, j’ai lu avec une admiration vivace L’Homme précaire et la littérature, livre qui était tombé dans un grand silence de la critique, Malraux étant mort et Giscard d’Estaing présidant à la liquidation du gaullisme. J’avais aimé et même reproduit dans des manuels Les Chênes qu’on abat, Lazare, Le Triangle noir. Mais je me sentais très seul, dans mon milieu universitaire, à louer Malraux.

M46-47. « Eros Aujourd’hui » (janvier-juin 2016)

« Le génie pornographique »

Maupassant et Pierre Louÿs ont fait sauter l’ancienne distinction entre érotisme et pornographie. Osons nous souvenir ?

M42. « L’écrivain national » (janvier-mars 2015)

« Patrick Modiano »

« J’avais dix-sept ans et il ne me restait plus qu’à devenir un écrivain français. »
Le prix Nobel octroyé à Patrick Modiano n’a pu surprendre que ceux qui ne l’ont jamais lu, lesquels forment l’immense majorité de nos élites, trop occupées pour lire des romans, allergiques au seul mot de « littérature ». Et pourtant Patrick Modiano, avec son double jeu de tradition et de modernité, a touché le public le plus large depuis 1968, date de ce coup d’éclat que fut La Place de l’Étoile, donc depuis quarante-six ans, publiant avec une grande régularité à peu près vingt-huit volumes, romans, récits, autofictions, biographies parallèles. Très jeune, il a collectionné les prix littéraires : Roger Nimier, Fénéon, Académie française, Goncourt. Restait le Nobel, qui se faisait attendre.

M40. Varia (juillet-septembre 2014)

« L’amnistie mémorielle »

Sous l’angle éditorial, la mémoire des maudits se porte mieux que celle des héros. Comme si, avec les années, un intérêt littéraire grandissant pour la collaboration remplaçait l’opprobre de l’après-guerre.

M37-38. « Secrets à l’ère numérique » (octobre 2013-mars 2014)

« Un Sartre clandestin » (Secrets littéraires)

La clandestinité n’affecte pas seulement le contenu du message, mais sa forme aussi. C’est ainsi qu’on découvre un autre Sartre, et même plusieurs : quand le médium fait le style.

M32-33 « Copies, modes d’emploi » (juillet-décembre 2012)

« Petites phrases, gros dégâts »

Attention à vos petites phrases, elles ne sont pas toujours anecdotiques. Arrangées, le cas échéant, par un copier-coller malveillant, certaines peuvent vous valoir la peine capitale : mort politique, mort symbolique ou carrément le peloton d’exécution.

M30 Varia (janvier-mars 2012)

« Maxime Du Camp (1822-1894) » (Bonjour l’ancêtre)

C’est entendu : de tous les écrivains ratés du XIXe siècle, Maxime Du Camp serait le plus misérable. Son nom ne survivrait dans la mémoire des lettres que par des fautes mémorables. Ami de Flaubert depuis la vingtième année, il n’aurait été qu’un faux témoin, envieux et dénigreur.

M23. Varia (avril-juin 2010)

« Alias Caracalla »

Peut-on écrire des Mémoires au présent ? Oui, répond Daniel Cordier dans son Alias Caracalla. Le choix du journal reconstitué, en tant que médium d’un récit historique, côtoie le romanesque et renouvelle un genre.

M22. Varia (janvier-mars 2010)

« Écrire sous Staline »

Les illusions collectives ont un fidèle soutien, l’intellectuel, et un grand ennemi, le romancier. Le premier entretient l’imagerie, le second la brise. Exemples : Boris Pasternak et Robert Littell.

M20-21 « NOUS » (juillet-décembre 2009)

« La troupe »

Tout comme la paix marque le retour au « on », la littérature de guerre illustre excellement le passage du « je » au « nous ». Allemands et Anglais se montrant, sur ce chapitre, plus convaincants que les Français…

« Le journal de Barthes » (Symptômes)

M19. Varia (octobre-décembre 2006)

Un micro-médium nommé « Pléiade », ou du bon usage des préfaces (Symptômes)

M16-17. « L’argent maître » (juillet-décembre 2008)

« Flaubert : entre l’usure et la saisie »

L’art pour l’art, ou l’art contre l’argent ? Assez riche pour ignorer superbement la contrainte commerciale, Flaubert connaîtra, dans ses dix dernières années, l’humiliation de la ruine et de la faillite. Mais dès ses premiers romans, les pièges de l’endettement et de l’usure se referment sur ses héros. La saisie, forme administrative de la ruine, répand terreur et pitié. Cet imaginaire hante tout le roman du XIXe siècle, chez Balzac, Zola, Léon Bloy : l’argent renouvelle la tragédie grecque.

M14. Varia (janvier-mars 2008)

« Entre fiction et biographie : l’inversion des valeurs »

Le roman est une fiction, la biographie se veut un récit véridique et effectif. Il semble établi que le roman est le genre roi, et que la biographie est un genre inférieur. Or un fait étrange apparaît : le public dévore des biographies portant sur des écrivains dont il ne veut ou ne peut lire les romans. Les clients, une fois de plus, auraient-ils raison ?

M13. Varia (octobre-décembre 2007)

Mondial rugby (Symptômes)

M12 « Qu’est ce qu’un chef ? » (juillet-septembre 2007)

« Désirs de chef »

L’entre-deux-guerres a vu deux désirs bien distincts, celui de devenir un chef et celui d’avoir des chefs. La littérature de cette période manifeste une grande ambivalence : les chefs seraient à la fois la pire des choses et le recours suprême.

« Maurice Barrès (1862-1923) » (Bonjour l’ancêtre)

Les écrivains croyaient écrire pour l’éternité, or il suffit d’une génération pour que les plus prestigieux soient ensevelis dans la poussière de l’oubli et de l’indifférence. Qui a mieux communiqué avec son époque (1890-1914) que Maurice Barrès, sinon Sartre avec la sienne (1938-1964) ? Le succès ininterrompu de leurs écrits, le prestige durable de leur personne, ont épuisé leur crédit pour les générations. Qui a trop gagné de son vivant perdra devant les nouvelles vagues de lecteurs. Mais il est difficile de disparaître aussi complètement que ce Barrès…

M11. Varia (avril-juin 2007)

« Pour Voltaire »

M10 « Le numérique en toutes lettres » (janvier-mars 2007)

« Défaut de correspondances »

Tandis que la lettre construit au fil du temps une correspondance, une relation complète où l’attente n’est pas étrangère à la qualité de la jouissance, les nouveaux moyens de communication précipitent la frustration des éjaculations précoces.

M7. Varia (avril-juin 2006)

« Vérité médiatique, erreur historique : Sartre »

L’époque n’aime pas admirer. Et place sa joie dans le déboulonnage des statues. À preuve, le centenaire de la naissance de Sartre, où l’on a vu refleurir, au petit écran, à travers revues et journaux, le bobard d’un Sartre antisémite, et pourquoi pas, vaguement collabo. Jacques Lecarme, qui a le premier, documents à l’appui, démonté la calomnie, met à jour le jeu des intérêts idéologiques consciemment ou inconsciemment à l’œuvre dans ce genre de rumeurs.

M1. Varia (automne 2004)

« Victoires et déboires du journal intime »

« Le chanteur, non la chanson » : les moyens techniques du direct, du live et de l’immédiateté conspirent dans tous les domaines de création à mettre en valeur l’auteur, et son « vécu », bien plus que l’œuvre en sa distance.



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