Médiologie

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La médiologie de A à Z

La Rédaction, 1er septembre 2014. Modifié le : 1er août 2018

En cours de publication.

Médiasphère

Milieu technique déterminant un certain rapport à l’espace (transport) et au temps (transmission). Concept générique se spécifiant historiquement en logosphère, graphosphère, vidéosphère, etc. Chaque médiasphère s’équilibre autour d’un médium dominant (la voix, l’imprimé, l’image-son), foyer de fonctions aux compétences décisives, et de ce fait au sommet des hiérarchies sociales. La médiasphère est à une population de communicants ce que la biosphère est aux peuplements d’animaux et de végétaux. Elle abrite une multitude de micro-milieux de transmission, comme la biosphère une multitude de biotopes, chacun doté d’un certain état d’équilibre dynamique ­ mais, à chaque époque, sous l’hégémonie d’un mégamédium plus performant que les précédents. R.D.

Médiologie

La médiologie s’efforce de comprendre comment la communication et la transmission du sens sont affectées par les technologies de l’information et les institutions qui les mettent en œuvre.

Mémoire

Pour le médiologue, la mémoire n’est pas le produit d’une faculté neurologique, mais celui d’une compétence médiologique, au croisement du politique (traditions, commémorations, institutions) et de la technique (systèmes d’inscription, archives et aide-mémoire). Ressort et finalité de toute transmission, la mémoire est aussi au cœur de la « révolution » nous umérique, dont l’enjeu majeur n’est plus celui de la communication mais bien de l’agrégation de nos traces. C’est du reste l’outillage mnémotechnique qui permet d’identifier des médiasphères, c’est-à-dire des milieux de transmission émanant d’un même système d’organisation des traces. Rien d’étonnant alors, si le temps lui-même, et l’histoire, sont à ce point façonnés par nos modes d’enregistrement (inscription, mise en ordre, sélection, anticipation) des traces, et la manière dont nous y accédons.

Nous

Ce pronom personnel de la 1re personne du pluriel peut s’employer comme substantif masculin singulier (le nous) pour désigner « la communauté de deux ou plusieurs êtres humains ayant des relations interpersonnelles et des intérêts communs. » (CNRTL). Vaste programme. Voir, entre autres, Médium 20-21.

Rythme

Médium universel et total, le rythme présente trois caractéristiques essentielles : - totalité : il affecte à la fois le corps, l’esprit et l’âme ; - propagation : il s’empare du sujet qu’il transforme en métronome ; - synthèse : s’il ne communique rien d’autre qu’un mouvement, il s’hybride parfaitement avec le sens pour produire un médium de synthèse (paroles et musique) redoutablement efficace.

Secret

Si le secret est une information à diffusion restreinte, il requiert un « sceau », un « strictement confidentiel » pour informer qu’il y a là-dessous une information qui vaut la peine prise pour l’occulter (ou la dévoiler, c’est tout comme). En d’autres termes : le secret, c’est le médium. La preuve ? On peut faire des pieds et des mains pour se procurer une enveloppe portant la mention « Confidentiel Défense » alors même qu’elle est vide. Référence : « Secrets à l’ère numérique ».

Technique

Peut être qualifié de technique, en général, toute compétence, performance ou invention qui ne s’inscrivent pas dans le programme génétique de l’espèce. La rhétorique est une technique (l’apprentissage des procédés donnant à la parole une efficacité maximale sur un auditoire donné), mais la parole en elle-même n’est pas une technique car, sauf anomalie, tout être humain dûment socialisé a une compétence innée pour apprendre à parler, non pour écrire. La preuve : il existe dans l’histoire des sociétés sans écriture, mais on n’en connaît pas de muettes. L’écriture est donc une technique. C’est dire qu’un système technique – en l’occurrence, de notation graphique – n’est ni héréditaire ni inné. L’alphabet vocalique relève de l’accident heureux. Le fait technique est placé sous le signe de la contingence. R.D.

Technologie

Anglicisme souvent emphatique, superlatif savant de technique, passé dans le langage courant. Devrait seulement, en fait, s’appliquer à l’étude systématique des objets et évolutions techniques (Beckmann, 1777), discipline illustrée en France par Leroi-Gourhan, Haudricourt, Bertrand Gille, Simondon, etc. R.D.

Temps

Trace

La trace n’est pas seulement ce qui reste d’une croyance, d’un savoir ou d’une opinion, mais l’une des conditions nécessaires à leur émergence et leur propagation. Car tout système symbolique est en lui-même un système de traces, anticipant sa transmission par l’adoption ou la production d’un régime d’inscription spécifique.

La trace suppose un support, un outil, une technique d’écriture et de lecture, un régime sémiotique, une méthode d’indexation, de contrôle et de conservation et un dispositif de diffusion. Religions, idéologies et doctrines s’articulent donc autour d’une certaine économie des traces, qui ordonne leurs modes d’enregistrement, de stockage et de circulation. Point de convergence entre des savoir-faire, des cultures, des acteurs et des technologies, la trace témoigne d’une organisation du collectif par l’organisation de la matière. On s’intéressera donc autant à la cohésion des systèmes de traces, qu’à leur évolution : soit des chaînages, comme celui qui relie la trace imprimée au savoir critique et encyclopédique, en passant par le papier, le plomb, la presse, l’édition, l’école, la bibliothèque, la composition, la classification… ; soit des tendances, comme la miniaturisation, l’accélération, la multiplication, l’automatisation ou la virtualisation des traces.

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