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Mon
pays que voici, par Anthony Phelps
Mon pays a un caillot de sang dans la gorge.Nous
n’irons plus jouer à la marelle et lancer nos pions
par-dessus le ciel de terre. Nous n’irons pas pêcher
la lune au quai Christophe-Colomb.
Anthony Phelps,
poète, romancier et diseur, est né à Port-au-Prince,
Haïti, en 1928. Son œuvre, une vingtaine de titres, est
traduite dans plusieurs langues.
« Alias Caracalla » ,
par Jacques Lecarme
Peut-on écrire des Mémoires
au présent ? Oui, répond Daniel Cordier dans son Alias
Caracalla. Le choix du journal reconstitué, en tant que médium
d’un récit historique, côtoie le romanesque et
renouvelle un genre.
On ne peut pas dire que la Résistance intérieure de
la France ait suscité beaucoup de romans talentueux ou de
films inoubliables. Roger Vailland, avec Drôle de jeu (1945),
Joseph Kessel avec L’ Armée des ombres (1943), Jean-Pierre
Melville, avec son film du même nom (1968), Romain Gary, avec
Les Cerfs-Volants (1980)… La liste est fort maigre. Et voici
qu’apparaît le maître ouvrage de Daniel Cordier,
son journal – reconstitué après coup – de « Français
libre » entre juin 1940 et juin 1943, journal paradoxal puisqu’un
agent secret ne peut conserver sur soi un agenda ou un journal personnel
et ainsi risquer l’arrestation de tout un réseau. C’est
donc un journal de l’après-coup, l’après-coup
ayant duré un demi-siècle dont rien ne nous est dit.
La vie de Daniel Cordier semble s’être arrêtée à la
mort de son « patron » Jean Moulin, chef du Conseil national
de la Résistance. Le lecteur n’aura pas droit aux illusions
lyriques de la Libération… Cette ellipse rigoureuse
d’un demi-siècle (1944-2009), découlant du choix
d’un journal intime décalé, produit chez le lecteur
un inquiétant effet d’outre-tombe et de tragique irréversible.
Jacques Lecarme est professeur émérite
de littérature française à l’université Paris
III. Dernier livre paru : L’Autobiographie, avec Éliane
Lecarme-Tabone (Armand Colin, 2004).
De la tache à la tâche,
par Frère
Anselme
Comment la notion de péché originel
a-t-elle pu survivre, dans le monde chrétien, aux acquis de
la science moderne ? En changeant de sens et de fonction. Qui ne
transforme pas ne transmet pas.
Quand on regarde pourquoi beaucoup de parents font encore baptiser
leurs enfants, on s’aperçoit que la raison théologiquement
invoquée – même si on n’y croit plus, on
n’est pas à ça près – est que, grâce à cela,
ils seront lavés – il y a de l’eau n’est-ce
pas ? – de la tache originelle qui les enverrait en enfer s’ils
n’étaient pas purifiés de cette souillure. Il
n’est pourtant pas nécessaire d’être chrétien,
il suffit d’être un peu historien, un tant soit peu sociologue
aussi, pour savoir qu’aux origines du christianisme le baptême
avait un autre sens. Dans un monde païen, de culture essentiellement
gréco-romaine, se faire baptiser, c’était rallier
un groupe minoritaire, très minoritaire, et contestataire
du monde comme il allait.
François Durand-Gasselin (frère
Anselme) est bénédictin de l’abbaye d’En
Calcat.
L’œil du tank, par Thierry
Grillet
Le film israélien Lebanon, justement
salué par la critique, subordonne l’œil humain
au viseur d’un char. Un nouveau médium nous est né,
et notre perception de la guerre en est changée. Lorsque le
point de vue du héros, dans le récit de
guerre, épouse celui de la société, on est dans
l’épopée. La société et les valeurs
qu’elle défend en sont confortées. Les actions
sont des prouesses, et la colère d’Achille, l’intermédiaire
de celle des Grecs. Mais lorsqu’ils divergent, alors le groupe
se désolidarise et le guerrier reste seul, aux prises avec
sa conscience malheureuse.
Thierry Grillet est délégué à la
diffusion culturelle, Bibliothèque nationale de France. Maître
de conférences à l’IEP-Paris.
Quand la chair se fait verbe, par Paul Soriano Que
peut-on attendre des chocs de mots ou de registres de langue ? Un
va-et-vient entre le vulgaire et l’éthéré,
le physique et le spirituel, d’où naît une sorte
d’humour qui sied au médiologue.
Le médiologue s’expose à la mélancolie.
Ce producteur d’idées sait combien leur efficacité dépend
de la machinerie. Son humour n’est pourtant ni un remède à la
déprime, ni la cerise sur le gâteau. C’est un
humour de position, à la frontière mouvante de l’objet
et du sujet, aux confins disputés de l’esprit et du
corps, où se nouent des relations toujours difficiles et parfois
désopilantes
Paul Soriano est chargé de mission « études
et recherches » à la direction de la stratégie
du groupe La Poste. Dernier livre publié : Internet, l’inquiétante
extase, avec Alain Finkielkraut (Mille et Une Nuits, 2001). Google
ou le temps effacé, par Milad Doueihi
Inflation du présent, fusion du savoir
et du savoir-faire, primat du quantitatif : il y a une philosophie
derrière les procédures de Google, et peut-être
une politique. De nos jours, Google semble omniprésent. Qu’on
l’admire ou qu’on la redoute, l’entreprise est
presque inévitable. C’est notre dieu caché, le
tout-puissant du Web. Sa présence est si forte qu’elle
passe souvent inaperçue. Sa fiabilité (en tout cas
en matière de recherche) reste inégalée, lui
garantissant une domination qui inquiète et dérange.
La simplicité de sa page d’accueil, marque de son efficacité et
de sa toute première vocation, voile bien son évolution
ces dernières années, tout en maintenant l’apparence
d’une forme d’immédiateté dans nos rapports
avec les informations indexées sur le réseau. La prolifération
de ses services, la diversification de ses offres, ne font que renforcer
son noyau dur : la recherche et la publicité.
Milad Doueihi, historien des religions, a
publié Histoire perverse du cœur humain, Le Paradis terrestre
: mythes et philosophies, La Grande Conversion numérique et
Solitude de l’incomparable : Augustin et Spinoza.
Leonard Cohen,
scène zen, par Daniel
Bougnoux
« Il est un air pour qui je donnerais
/ Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber… » Non, pas
Mozart, tout de même, Nerval exagère ! « Un air
très vieux, languissant et funèbre… » :
là oui, nous parlons bien des chansons de Leonard Cohen. Lors
du concert de Londres enregistré le 7 juillet 2008 (Leonard
Cohen Live in London, DVD Sony Music) et avec moins d’hystérie
que Barbara, Cohen salue lui aussi dans son public sa plus belle
histoire d’amour : Thank you for coming to this, « We’re
honoured to play for you tonight » (Merci pour toutes ces années
où vous avez gardé mes chansons vivantes…). Les
musiciens jouent en costume, sobrement coiffés de chapeaux,
et celui de Leonard lui sert à se découvrir entre chaque
morceau pour s’incliner modestement devant le public, mais
aussi face à ses partenaires ou à d’autres divinités
plus diffuses mêlées à la musique ou aux éclairages. À cinq
ou six reprises lors du concert de Londres, Leonard introduit une
pause pour appeler par son nom, qu’il articule respectueusement,
et faire acclamer par la salle chacun de ses musiciens et chanteuses.
Ce rituel inspiré du monastère zen où les moines
saluent la théière, ou la table servie, confère
au traitement de la scène beaucoup d’élégance,
et une indéniable retenue. Les concerts de variétés
ont multiplié les scénographies écrasantes,
ou grandiloquentes. Certains chanteurs poussent la techno du son
et de l’éclairage aux limites du supportable pour le
système nerveux ; ils tyrannisent nos rétines, nos
tympans, comme s’il s’agissait de nous tétaniser à coups
de décharges et d’éclairs en rafales, et de transformer
la scène et la salle en gril chauffé à blanc,
en chaise électrique… Ou bien, dans le beau film tourné par
Scorsese sur les Rolling Stones, l’enjeu semblait de montrer,
là encore en gonflant le volume sonore et l’espace du
jeu, l’énergie enviable des sexagénaires, la
pêche du chanteur toujours bondissant et gesticulant, en guerre
contre son âge.
Daniel Bougnoux est professeur émérite à l’université Stendhal
de Grenoble.
« Avatar », le bio numérique,
par Anne Murat
Plus qu’un triomphe commercial mondialisé,
Avatar illustre un tournant dans l’histoire technique des offres
spectaculaires, un moment de l’imaginaire occidental et une
rencontre symptomatique entre archaïsme bio et innovations numériques.
On pourrait en parler en chiffres, à la manière d’un
Mankiewicz ou d’un Cecil B. DeMille : un milliard de dollars
de recettes en trois semaines d’exploitation, trois cents millions
de dollars de budget estimatif, quinze années de chantier,
quatre ans de production, le générique le plus dense
de l’histoire du cinéma… Mais il s’agit
ici d’Avatar du réalisateur James Cameron, qui, réalisé avec
les derniers effets spéciaux numériques et technologies
en date (motion capture, CGI, Imax 3D…), pose un nouveau jalon
dans l’histoire du médium cinématographe.
Anne Murat est ancienne élève
de Sciences Po, réalisatrice de documentaires.
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PENSE-BÊTE (6),
par R³gis DEBRAY
La troisième voie est une impasse
Parmi les écrivants
qui s’occupent d’autre chose
que de développement personnel, entre santé et spiritualité,
et prennent au sérieux l’existence collective, on
peut distinguer, me semble-t-il, deux variétés de
scribes autopropulsés : les fournisseurs de colère
et les vendeurs d’espoir. Soit les deux façons de
répondre à l’éternelle demande du seul
animal rêvant d’un meilleur sort et jamais las de faire
appel. Je ne vois pas de tierce manière de réchauffer
les cœurs et d’attirer le chaland.
L’espèce « nouveaux philosophes » excelle
dans l’offre d’indignation. Ils n’inventent pas
de concepts et ne changent pas l’angle de vue. Cette branche
industrielle du « c’est la faute à ceux-là » n’élabore
aucune proposition positive, mais désigne au bon bourgeois
le méchant qu’il doit haïr, au rythme de l’actualité, à grand
renfort d’analogies et de qualificatifs : sont ciblés
tour à tour le totalitaire, le franchouillard, le Russe,
le jacobin, l’islamofasciste, la bête noire du moment.
Réception cinq sur cinq. La presse adore, et fait son devoir à chaque
parution. Cette « agit-prop » encolérée,
infatigable et grandiloquente, chevauche la vague, et comme il
y a toujours une vague, l’emploi est garanti.
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SALUT
L'ARTISTE _______________________________________________
Christophe Luxereau, l’univers de demain, par Françoise
Gaillard
Demain l’ordinateur ne sera plus un simple outil à notre
service. Christophe Luxereau en est persuadé, les chercheurs
en sciences cognitives et en intelligence artificielle aussi. Doté d’une
vie et d’une réflexion autonomes, il réalisera
le plus ancien des fantasmes : donner naissance à des androïdes
intelligents et réactifs aux stimuli extérieurs. Il
sera capable de générer des êtres virtuels qui
seront peut-être les icônes du futur, et qu’une
humanité totalement dépendante de ses machines adorera,
comme elle a adoré les images de ses dieux. Les Madones de
Christophe Luxereau sont déjà ces êtres hybridés
avec des modules tout droit issus de la technologie futuriste. L’esthétique
mécanique qui leur confère une étrangeté fascinante
n’a plus rien à voir avec celle du machinisme industriel
des Temps modernes qui a inspiré les cinéastes et les
artistes, à commencer par Charlie Chaplin et Fernand Léger.
C’est celle du hardware de la robotique.
Christophe Luxereau
est un ancien élève de l’École
des beaux-arts. Il se consacre à la photographie depuis 1986.
Il travaille l’image numérique en vue de développer
notre rapport à la machine électronique, depuis 1995.
Par ailleurs, il s’intéresse beaucoup à la cyberculture
et est un grand lecteur de science fiction. Sa familiarité avec
le monde de la mode lui a inspiré des hybridations entre design
et haute couture.
Françoise Gaillard est philosophe, enseigne à l’université Paris
VII, est membre du comité de rédaction des revues Esprit
et Médium. Son dernier livre paru est Diana Crash, Descartes
et Cie, 1999. |
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BONJOUR
L'ANCÊTRE __________________________________________
Darwin, par Paul Soriano
«
L’analyse des techniques montre que dans le temps elles se
comportent à la manière des espèces vivantes,
jouissant d’une force d’évolution qui semble leur être
propre et tendre à les faire échapper à l’emprise
de l’homme. » (Leroi-Gourhan, Le Geste et la parole).
Nous avons manqué le double anniversaire de 2009, bicentenaire
de la naissance (Charles Darwin est né le 12 février
1809 dans une famille féconde en brillants esprits ) et cent
cinquantième anniversaire de la publication de L’Origine
des espèces (1859). Passé les célébrations,
nous pourrons nous en tenir à l’essentiel – autant
dire qu’il sera surtout question ici du darwinisme plutôt
que de Darwin, sa vie, son œuvre . |
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UN
OBJET ________________________________________________
L’hostie, par Michel Melot
La façon dont un dieu doit se manifester aux hommes, sur
terre, est toujours son point faible. Plus encore dans les monothéismes,
où le dieu n’est pas de même nature que les hommes.
Plus encore dans le christianisme, où Dieu a pris le risque
d’emprunter un corps humain historique. La confusion donne
alors lieu à des hérésies faciles, fondées
sur la jalousie et la concurrence. La forme matérielle que
prend le dieu sur terre est stratégique : ni trop présent,
ni trop abstrait. Épreuve pour le christianisme de représenter
Dieu comme un homme, fût-il son Fils, sans tomber dans l’idolâtrie
ni dans l’anthropomorphisme ou le polythéisme. Les dangers
sont multiples, le chemin est étroit. La beauté humaine
est une beauté de chair qui conduit l’admirateur vers
les gorges de l’érotisme. Il devient scabreux. Il faut éviter
la collision entre Dieu et les hommes. Le dogme de la transsubstantiation,
en même temps qu’il prend le risque inouï de sacraliser
un objet comme le faisaient les idolâtres, met le corps divin à l’abri
d’un signe le plus abstrait qui soit, un disque sans épaisseur,
sans parfum et sans couleur : l’hostie.
Michel Melot a été président
du Conseil supérieur
des bibliothèques. À la fin de son mandat, en 1996,
il a été chargé de la sous-direction de l’Inventaire
général et de la documentation du patrimoine. Derniers
livres parus : Livre, avec des photographies de Nicolas Taffin,
L’Œil
neuf, 2006, et Daumier, l’art et la République, Les
Belles Lettres, 2008. |
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SYMPTÔMES _______________________________________________________ |
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La Journée de
la jupe, par Michel Leroux
Un bref rappel du thème
rafraîchira d’abord les
mémoires.
À
bout de forces, Sonia Bergerac, professeur de français interprétée
par Isabelle Adjani, retourne un matin contre ses élèves,
en majorité issus de l’immigration maghrebine et sud-saharienne,
le pistolet tombé d’un cartable. Face à cette
prise d’otage inouïe, le responsable du Raid, incarné par
Denis Podalydès, improvise une négociation, tandis
que, fermée à double tour, la salle de théâtre
du collège où se déroulent les faits résonne
de coups de feu sporadiques.
Alice au Moulin par Daniel Bougnoux
Comment faire vivre une maison
d’écrivain ? Bernard
Vasseur, qui anime « le Moulin » d’Elsa Triolet
et d’Aragon à Saint-Arnoult-en-Yvelines, y invita
souvent des chanteurs, des musiciens, des récitals de poésie… L’équipe
des médiologues y fut reçue un printemps pour des
journées
de séminaire ; et le débonnaire directeur, auteur
lui-même
d’ouvrages sur l’art, accroche chaque année
entre ses murs trois ou quatre expositions de peintres, qu’il
réussit
parfois à recevoir en couple, en hommage à leurs
hôtes
qui reposent sous les hêtres, dans le jardin. On vit ainsi
passer sur les cimaises du corps de ferme Camilla et Valerio Adami,
puis la sculpteuse Niza, et, l’automne dernier, Cristina
Ruiz Guinazu et Pat Andrea.
Le traqueur de libelles par Antoine Perraud
Longtemps,
Robert Darnton fut un vilain petit canard. Né en
1939 d’un père journalistes au New York Times
(Byron Darnton), frère d’un journaliste au New
York Times (John Darnton), il devint journaliste au New York
Times en 1964, après
des études – personne n’est parfait – menées
dans les altissimes universités Harvard puis d’Oxford,
où il eut comme maître l’historien britannique
Richard Cobb (1917-1996).
Yves Citton par Daniel Bougnoux
Quel chemin parcouru depuis les classi-ques
conférences prononcées à Oxford
par John L. Austin, et réunies sous le titre (incontournable
dans toute étude de pragmatique) How to do Things
with Words… Les
quelques graines semées en 1960 par le philosophe
du langage sont devenues arbre, forêt ; il s’efforçait
de classer les «performances» de simples
verbes tels que Je baptise, Je promets, Oui je prends
pour femme…, on s’interroge
aujourd’hui sur ce que les récits, les stories
ou le mythe (pour nommer un jeu de langage massivement
opposé aux
fonctions de connaissance du logos) nous « font ».
Car, pour parodier une célèbre méditation
de Spinoza sur le corps (Éthique, III, 2), on
ne sait pas ce que peut un récit.
Michael Jackson
ou le traité du spectacle, par Louise
Merzeau
Il est mort et il va mourir. Ce que Barthes avait
vu dans la photo de Lewis Payne, nous le voyons ici s’étirer
sur toute la durée d’un film, montage d’images
tournées
pendant les dernières répétitions
d’un
concert fin prêt, mais qui n’aura pas lieu. |
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