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Le médium cerveau
est-il remplaçable ?,
par Douglas Hofstadter
Les rapports de notre cerveau biologique avec notre pensée
sont-ils du même ordre que ceux du médium avec le
message ? Jusqu’où pouvons-nous améliorer les
performances du software en changeant de hardware, par exemple
en remplaçant nos neurones par du silicium ?
Ce remarquable article de l’auteur de Gödel Escher Bach
(prix Pulitzer 1979), célèbre chercheur en intelligence
artificielle (I A), répond à de retentissantes annonces
qui extrapolent à partir des foudroyantes avancées
de l’ordinateur. Un problème médiologique radical
s’y trouve saisi à bras-le-corps, à travers
un récit personnel et familier : quel lien entre l’esprit
et les machines ?
Douglas Hofstadter
est professeur en sciences cognitives à l’université d’Indiana (Bloomington,
USA). Ouvrages disponibles en traduction française : Gödel
Escher Bach, InterÉditions, Paris, 1985 ; Vues de l’esprit
(The Mind’s I, en collaboration avec Daniel Dennett), InterÉditions,
Paris, 1987 ; Ma Thémagie (Metamagical Themas), InterÉditions,
Paris, 1988.
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À quoi sert
un chef d’orchestre ,
par Michel Tabachnik
Juché sur un podium depuis le XIXe siècle, ce personnage
vedette de la scène musicale est l’un de ceux qui
incarnent le mieux la fonction médiatrice. L’extrême
visibilité qu’il doit à sa médiatisation
occulte ce que son rôle a d’étrange. En quoi
consiste au juste son travail ? Et pourquoi est-il indispensable
? Questions toutes pratiques que nous avons naïvement posées à un
homme du métier, chef d’orchestre en activité qui,
malgré l’épouvantable fait divers auquel son
nom a été lié, ne cesse de réfléchir
sur son art.
Michel Tabachnik,
chef d’orchestre et compositeur, est l’invité des
orchestres les plus prestigieux. En France, il fut chargé de
fonder l’Orchestre philharmonique de Lorraine, à Metz,
en 1976. Parallèlement, Pierre Boulez lui confia la création
et la direction musicale de l’Ensemble InterContemporain à Paris.
Il est aujourd’hui régulièrement invité à diriger
des concerts à Paris. En 2005, Michel Tabachnik a été nommé chef
d’orchestre titulaire du Noord Nederlands Orkest (Pays-Bas).
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Corps
transparent, esprit nouveau, par Monique Sicard
Il y a quelque chose de pourri au royaume
des objets d’art – rêverait peut-être un
Hamlet d’aujourd’hui, en allant et venant entre un musée
qui ferme et un autre qui s’ouvre, le Trocadéro et le
quai Branly, ou encore entre les réserves en sous-sol et les
salles d’apparat. Un voyage à travers les limbes de
la transmission contemporaine pose la question préjudicielle
: qu’est-ce qui distingue un objet d’exposition d’un
objet tout court ? Les « arts » de «l ’Art » ?
Monique Sicard est chercheur au centre de recherches sur les
arts et le langage de l’École des hautes études
en sciences sociales. A publié Images d’un autre
monde. La photographie scientifique, Centre national de la photographie,
1991, et La Fabrique du regard (XVe-XXe siècles). Images
de science et appareils de vision, Odile Jacob, Coll. « Champ
médiologique» , 1998.
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« Fabulous
Labs », par Paul Soriano
Le thème de la dématérialisation donne lieu à bien
des utopies. Mais les nanotechnologies, à défaut de
nous libérer de la matière, promettent de transformer
sévèrement notre rapport pratique avec elle. Et, dès
aujourd’hui, notre modèle industriel se voit remis en
cause par des applications qu’inspire l’analogie entre
le traitement informatique des bits et celui des atomes. Que nous
réserve au juste le passage du PC (Personal Computer) au PF
(Personal Fabricator) ?
Paul Soriano dirige l’IREPP (Institut
de recherches et de prospectives postales. www.irepp.com). Il a publié,
avec Alain Finkielkraut, Internet, inquiétante extase, Mille
et Une Nuits, 2001, et Lire, écrire… dans la société de
l’information, Descartes, 1999. |
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L’obscène,
la scène et le secret, par
Daniel Bougnoux
Représenter, théâtralement parlant, suppose
une rampe, et des coulisses ; loin de tout montrer, celles-ci mettent
en valeur une absence. La recherche de la sensation, du direct, d’une
visibilité forcenée et d’une emprise grandissante
sur les corps caractérise à la fois les propositions « cruelles » de
l’art contemporain et le fonctionnement ordinaire des médias.
Entre scène et obscène, où passe aujourd’hui
la ligne rouge dans nos représentations artistiques, médiatiques,
politiques ?
Daniel Bougnoux, philosophe, est professeur
(émérite) à l’université Stendhal
de Grenoble III. Dernier ouvrage publié : La Crise de la représentation
(La Découverte, 2006).
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L’indomptable
résilience de la belote, par Pierre d’Huy
La notion de résilience – passe-partout serviable sur
lequel nous reviendrons bientôt – est de nature à éclairer
la transmission au quotidien, ses déchirures et ses sutures.
Il n’y a pas que des ruptures de chaîne irréparables.
Il peut y avoir des accidents heureux. Le jeu de cartes en fait partie.
Affaire sérieuse.
Pierre d’Huy est consultant international
en innovation. Derniers livres parus : Les Clés pour innover
et L’Innovation collective, Éditions Liaisons sociales. |
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Vie et mort d’une
discipline : la polémologie, par François-Bernard
Huyghe
Comment se perd une idée magnifique ? L’histoire de
la polémologie1 (science de la guerre, terme inventé par
Gaston Bouthoul en 1942) fournit un exemple parfait de projet intellectuel
incontestable en son principe, capable de mobiliser quelques années
des talents exceptionnels, mais non de perdurer ni de transmettre.
François-Bernard Huyghe est docteur d’État en
Sciences Politiques, habilité à diriger des recherches
en sciences de l’information et communication. Il intervient
comme formateur et consultant. Dernier livre paru : Comprendre
le pouvoir stratégique des médias, Eyrolles, septembre
2005 ; Voir également son site huyghe.fr
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Le kamikaze, erreur
de traduction,
par Miura Nobutaka
« Kamikaze (kamikaz) n.m. (mot jap., vents divins). 1. En
1944-1945, pilote japonais volontaire pour écraser son avion
chargé d’explosifs sur un objectif ; cet avion. 2. Par
ext. Personne téméraire qui se sacrifie pour une cause. » (« Le
Petit Larousse »).
L’expéditive extension du nom aux attentats-suicides
fait l’affaire du communicant. Pour savoir si elle est historiquement
et culturellement fondée, nous avons demandé à un
ami japonais d’éclaircir son sens original.
Miura Nobutaka est professeur d’études françaises à l’université de
Chuo, Tokyo.
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Parasite,
par Jean Berthier
On trouvera ici le scénario du film
de court métrage intitulé «Parasite» tel
que l’enregistrement cinématographique ne l’a
pas encore changé. On peut le lire en imaginant le personnage
principal sous les traits de Carlo Brandt et en entendant les voix
d’Émilie Mazoyer et de Daniel Mesguich sous les mots
respectivement de Muriel, l’animatrice radio, et d’Alexandre
Nahon, le sexologue psychothérapeuthe. «Parasite» est
produit par Lumina Films (Marie Napoli) et aidé par le conseil
régional de Picardie.
Jean Berthier a publié des textes littéraires et critiques
ou théoriques dans diverses revues (Action poétique,
Lignes, L’Atelier du roman, etc.). Il est également
cinéaste.
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BONJOUR L'ANCÊTRE
Ici, contre l’amnnésie et la désinvolture,
un médiologue d’aujourd’hui célèbre
un maître d’hier oublié ou méconnu.
François Arago (1786-1853),
avec Monique Sicard
Arago est né à Estagel (dans
les Pyrénées-Orientales, alors le Roussillon), petite
ville dont son père était le Maire, le 26 février
1786. Il est mort à l'Observatoire de Paris, le 2 octobre
1853.
Arago enfant fut sans doute conquis à l'astronomie par la
visite à Estagel de Méchain. Ce dernier avait été chargé en
1792, avec Delambre, de mesurer la méridienne de France (à Méchain
le sud, à Delambre le nord...!). En 1806, encore élève
de l'École Polytechnique, Arago obtient de se voir confier
avec Biot l'achèvement des travaux de ses deux illustres devanciers.
Il est chargé d'achever la prolongation de la "méridienne" de
France jusqu'aux îles Baléares. L'opération géodésique
est suivie d'aventures périlleuses, qui le font passer pour
mort : fait prisonnier par des pirates, il était détenu
dans les prisons du Bey d'Alger… Mais l'opération était
terminée. À son retour en France, en 1809, il est élu à l'Académie
des Sciences. Il a vingt-trois ans. Il en deviendra le Secrétaire
perpétuel, le Président… Il s'installe à l'Observatoire
de Paris où il vit désormais et dont il devient vite
la figure marquante. Il y devient directeur des observations en 1834
et directeur délégué du bureau des longitudes
en 1843. Arago peut être considéré comme le père
de la vulgarisation scientifique moderne.
La carrière politique d'Arago commence en 1830. Élu
et réélu député des Pyrénées-Orientales,
puis de Paris, il restera parlementaire jusqu'au coup d'État
de 1852. Il est membre du Conseil Général de la Seine,
qu'il présidera deux fois, de 1830 à 1849. Ses convictions
ardemment républicaines le poussent à participer à la
Révolution de 1848 où il exerça d'ailleurs une
action modératrice. Il est membre du Gouvernement provisoire,
ministre de la Marine puis de la Guerre. C'est lui qui promulgue
le décret abolissant l'esclavage aux Colonies. Il préside
le Comité exécutif qui exerça le pouvoir du
9 mai 1848 jusqu'à la dissolution le 24 juin: à ce
titre, il fut chef de l'État durant 46 jours...
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SALUT L'ARTISTE
Ici, contre modes et paresses, un coup de projecteur éclaire un coin d’ombre
dans la forêt des formes actuelles.
Wang Qingsong par Françoise
Gaillard
Wang Qingsong est né en Chine en 1966. Il a été l’élève
de l’Académie des beaux arts du Sichuan et il a quitté la
province pour venir dans la capitale, où il a fait partie
de cette colonie d’artistes, d’écrivains et de
créateurs à laquelle on doit le renouveau de l’art
et de la littérature en Chine, appelée Yuan Ming Yuan,
qui fut interdite au début des années quatre-vingt-dix.
Aujourd’hui, il vit et travaille à Pékin. Il
fut peintre avant de choisir le médium photographique. Il
a participé à des expositions collectives dans de nombreux
pays. À l’occasion de l’année de la Chine,
son travail a été montré à Arles et à Montpellier.
Il figure dans la collection de la Maison européenne de la
photographie.
Françoise Gaillard est philosophe et enseigne à l’université Paris
VII.
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UN CONCEPT
Un peu de logique s’il vous plaît. Place à une notion fondamentale
et
fondatrice sévèrement résumée. Parce que la médiologie
ne se sait pas science, elle s’exige rigueur et cohérence.
Mémoire, par Louise Merzeau
[…] De l’oralité au numérique, l’histoire
des raisons est celle des suppléments qui (re)configurent
notre mémoire. Jack Goody 7 a ainsi montré que l’apparition
de l’écriture n’a pas eu pour effet de mémoriser
la culture orale, mais d’introduire une rationalité graphique,
fondée notamment sur les catégories conceptuelles inédites
de la liste, de la formule et du tableau. De même, l’invention
de la photographie n’a pas simplement ajouté une mémoire
de l’image à celle de l’écrit. Elle a engendré la
vidéosphère en recentrant l’économie des
traces autour du paradigme de l’indice. Enfin, on peut avec
Bruno Bachimont faire l’hypothèse d’une « raison
computationnelle 8 », émergeant de la généralisation
des documents électroniques et des hypertextes. […]
Louise Merzeau est maître de conférences
en sciences de l’information et de la communication à Paris
X et photographe. Son dernier livre publié est Au jour le
jour, Descartes et Cie, 2004. |
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SYMPTÔMES
Ici, chacun s’en donne à cœur joie et à compte propre
sur
tel ou tel sémaphore de l’esprit du temps. |
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Défense et illustration
du cycliste et du piéton, par Gaspard-Marie Janvier
Gaspard-Marie Janvier. est écrivain.
Publisophie/philocité par Daniel Bougnoux
Dominique Quessada, La Société de consommation de soi,
Verticales, 1999), L’Esclavemaître, Verticales ; Le Seuil,
2002.
Le coton mondialisé par Louise Merzeau
Erik Orsenna, Voyage aux pays du coton.
Petit précis de mondialisation, Fayard, 2006.
Avignon 2006, un pas en avant, deux pas en arrière
par Robert Dumas
Robert Dumas est professeur
de philosophie à Annecy.
Falstaff’s Stories par Marcel maréchal par
Roger Benskyv
Roger Bensky est dramaturge, metteur
en scène et professeur à Georgetown
University, Washington DC. Derniers livres parus : Le Masque foudroyé,
lecture traversière du théâtre français
actuel, Nizet, 1997 ; Cixous/Mesguich : reprises d’amour. Journal
de bord de « L’Histoire (qu’on ne connaîtra
jamais) », théâtre de la Ville, mars-mai 1994,
et Structures textuelles de « La Marionnette », Nizet,
1969, réédition en 2000.
Basket, survet, market ou Homo basketicus, Homo democraticus ? par
Robert Damien
Robert Damien est professeur de philosophie à l’université de
Nanterre.
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