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Le médiologue
et les médias,
par Régis Debray
Paradoxe : c’est Le Débat qui parle médias,
non Médium. Pourquoi ce chassé-croisé, entre
une excellente revue généraliste qui consacre deux
numéros au médiatique contemporain et une non moins
bonne revue médiologique qui sur le sujet reste discrète,
et moins portée aux vues d’ensemble ? Parce que la
médiologie s’occupe des médiations, dans l’histoire
longue, dont nos actuels mass-médias sont un cas de figure – parmi
d’autres. Une mise au point.
Régis Debray, dernier livre
paru, Supplique
aux nouveaux progressistes du XXIe siècle, Gallimard, 2006
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Maudits médias,
par Daniel Bougnoux
Sur la question des médias, décidément ressassée,
interminable, la médiologie ne snobera pas le débat.
L’objet-média, celui qu’on aime haïr, mal
dit, maudit, nous réserve encore des surprises, et d’improbables
envies : on y revient toujours, tous nos chemins s’y croisent
mais personne n’aura, à l’ombre de ce marronnier
médiatique, le dernier mot.
Daniel Bougnoux
est professeur émérite en sciences de la communication à l’université Stendhal
de Grenoble.
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Du
musée de l’Homme au quai Branly, par Patrick Prado
Il y a quelque chose de pourri au royaume
des objets d’art – rêverait peut-être un
Hamlet d’aujourd’hui, en allant et venant entre un musée
qui ferme et un autre qui s’ouvre, le Trocadéro et le
quai Branly, ou encore entre les réserves en sous-sol et les
salles d’apparat. Un voyage à travers les limbes de
la transmission contemporaine pose la question préjudicielle
: qu’est-ce qui distingue un objet d’exposition d’un
objet tout court ? Les « arts » de «l ’Art » ?
Patrick Prado (art vidéo - cnrs) à la poursuite
des gens et des objets abandonnés, prospecteur de secrets
bien gardés dans les greniers de l’enfance.
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Le « dialogue
interreligieux » : une formule creuse ?, par Jean-Christophe
Attias
La formule est à la mode. Elle répond à un
désir sincère de nos églises, et sans doute à un
besoin vital de nos civilisations. Mais si l’on sait pourquoi
dialoguer, encore faut-il savoir comment, à quelle fin, et
sur quoi au juste. Chercheur rigoureux, l’auteur de ces lignes,
historien du judaïsme médiéval, remet l’actualité en
perspective, sans ménagements superflus.
Jean-Christophe Attias est directeur d’études à l’EPHE,
spécialiste du judaïsme médiéval. Il est
l’initiateur avec Esther Benbassa du « Pari(s) du Vivre-Ensemble » (19-26
mars 2006). Dernier ouvrage publié : Juifs et musulmans. Une
histoire partagée, un dialogue à construire, Paris,
La Découverte, 2006 (dir., avec Esther Benbassa). |
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Un
lieu médium : l’église de la Madeleine, par
Albert Lévy
Les églises, lieux de prières ? Oui, mais aussi des
enjeux pour l’autorité. Ces médiums de pierres
peuvent se lire comme d’exemplaires machines à faire
croire, logiquement convoités par les pouvoirs séculiers.
L’église de la Madeleine en fait partie. Une visite
des lieux.
Albert Lévy est architecte, chercheur CNRS, ses recherches
portent sur le projet architectural et urbain. Dernier livre paru
: Les machines à faire-croire, I-Formes et fonctionnements
de la spatialité religieuse, Anthropos/Economica, Paris, 2003.
En préparation, La Madeleine et le Panthéon, Les machines à faire-croire,
II-Pouvoir de l’espace pouvoir de l’image, Anthropos/Economica
(à paraitre fin 2006)
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Faisons un rêve
: l’uniforme à l’école, par Daniel Faivre
Un témoignage sur le vif, doublé d’une proposition
aussi pertinente qu’impertinente. À l’occasion
d’un jumelage avec un lycée cambodgien, un professeur
de Courbevoie découvre le fossé des mentalités,
entre deux jeunesse de même génération, notamment
autour de l’uniforme scolaire. Et si on osait…
Daniel Faivre, né avec la seconde
guerre mondiale, est professeur de français engagé en
1968, longtemps responsable local du SNES. Itinéraire varié,
du lycée Saint-Louis aux collèges de banlieue et auteur
d’ailleurs d’un essai sur ceux-ci : Ta Mère
Point Com. |
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Une technique de transmission
: le secret, par François-Bernard Huyghe
Si toute transmission exige un corps spécialisé, les
sociétés secrètes constituèrent historiquement
le noyau dur de celui-ci. Mais le secret est aussi le sel de nos
vies : être un sujet (moral, psychologique, politique), c’est
avoir des secrets. Il est donc logique que nos sociétés
dites d’information accordent un pouvoir croissant à toutes
sortes de secrets, économiques, stratégiques, scientifiques,
bancaires… La transparence des affaires humaines n’est
pas pour demain.
François-Bernard Huyghe est docteur d’État en
Sciences Politiques, habilité à diriger des recherches
en sciences de l’information et communication. Il intervient
comme formateur et consultant. Dernier livre paru : Comprendre
le pouvoir stratégique des médias, Eyrolles, septembre
2005.
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Espace et politique
en Afrique du Sud,
par Johann Rossow
Gouverner, c’est toujours relever le défi des distances à franchir.
Et la communication commence avec la domination et l’unification
de diverses espèces d’espaces. Dans un pays aussi étendu
que l’Afrique du Sud, réunir et tenir séparés
(par l’apartheid) différents groupes ethniques a supposé,
depuis les débuts de la colonisation, une gestion très
matérielle de la distance.
Johann Rossow est rédacteur du Die Vrye Afrikaan, mensuel
qui édite l’edition sud-africaine du Monde diplomatique,
philosophe, écrivain et traducteur.
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Le
baptême des morts : une transmission rétroactive,
par Bernadette Rigal-Celard
Les recherches généalogiques
des Mormons ont pour finalité d’offrir aux défunts
l’accès au salut en leur administrant un baptême
par procuration. Comme chaque baptisé doit être rigoureusement
nommé, l’Église de Jésus-Christ des saints
des derniers jours a entrepris de microfilmer ou d’enregistrer
tous les documents écrits ou sonores permettant d’identifier
jusqu’à l’humanité tout entière.
Au-delà du pittoresque américain, une illustration
des liens entre nouvelle spiritualité et nouvelles technologies.
Bernadette Rigal-Cellard est spécialiste des religions nord-américaines,
professeur à l’Université Michel de Montaigne-Bordeaux
3 (UFR des Pays Anglophones). Elle y est responsable du Master interdisciplinaire « Religions
et sociétés ».
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Vitalité du
théâtre anglais, par Nicole Boireau
Le théâtre se porte assez bien au pays de Shakespeare.
Mieux qu’en France ? Si juger, en art, c’est comparer,
rien de plus opportun qu’un parallèle entre les prestiges
et la popularité de l’écriture dramatique en
Grande-Bretagne et leur équivalent dans l’hexagone.
Une leçon de réalisme, voire d’humilité.
Nicole Boireau est professeur de langue
et littérature anglaise à l’université Paul
Verlaine-Metz. Dernier livre paru : Théâtre et société en
Angleterre dans les années 1950 à nos jours, PUF,
Paris, 2000. |
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Valéry et le
devoir de fiction,
par Joël Loehr
Sans le secours de fictions, il n’est pas d’ordre civilisé qui
tienne. On savait déjà Valéry médiologue,
mais rappelons qu’il n’a pas seulement annoncé « l’ère
de l’ubiquité ». Les communautés, dit-il,
sont imaginaires ou ne sont pas, et chaque fiction appelle son monument
approprié de coordination. « L’ère du fait » n’est-il
pas fatal à l’union politique de l’Europe ?
Joël Loehr est chercheur associé à Paris
III. |
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BONJOUR L'ANCÊTRE
Ici, contre l’amnnésie et la désinvolture,
un médiologue d’aujourd’hui célèbre
un maître d’hier oublié ou méconnu.
Marshall Mc Luhan, avec Catherine
Bertho-Lavenir
Dans toutes les familles il y a un aïeul
un peu excentrique dont on ne sait trop s’il fait honneur à la
lignée ou s’ils est légèrement embarrassant.
C’est le cas de Marshall Mc Luhan. On reproche bien souvent à l’auteur
de La Galaxie Gutenberg 1 et de Pour comprendre les médias
2 un goût pervers pour le mélange des disciplines ainsi
qu’un coupable penchant pour des formes d’écriture
non académiques. Pourtant si, à l’orée
des années 1960, il séduisait ingénieurs et
historiens, informaticiens en herbe et télécommunicants
en devenir, c’est pour une autre raison. Dans des sociétés
confrontées à l’irruption des technologies de
la communication, ses livres successifs s’ordonnaient peu à peu
en une bible foisonnante et baroque, fondée sur l’idée
forte que la technique devrait être replacée au cœur
de la réflexion sur l’histoire des sociétés.
Idée que ne réfuterait aucun médiologue qui
se respecte. Cependant, de livre en livre, Marshall Mc Luhan s’est
forgé chez les gens de bien une image déplorable. Ce
Canadien iconoclaste a franchement exagéré : affirmer
sans broncher que le « message, c’est le massage 3 » et
soutenir que le contenu des livres n’a aucune importance en
a choqué plus d’un. D’où cette mauvaise
réputation. Le procès pourtant ne mérite-t-il
pas d’être réinstruit ?
Catherine Bertho-Lavenir est, avec Frédéric
Barbier, l’auteur d’une Histoire des médias, de
Diderot à Internet, chez Armand Colin (dernière édition
2004). Professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paris
III-Sorbonne nouvelle, elle va occuper, à partir de septembre
2006, la chaire « Étude de la France contemporaine » à l’université de
Montreal. |
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SALUT L'ARTISTE
Ici, contre modes et paresses, un coup de projecteur éclaire un coin d’ombre
dans la forêt des formes actuelles.
Andy Goldsworthy par Daniel Bougnoux
Andy Goldworthy est né en Angleterre en 1956. Il est établi
depuis 1986 à Penpont, en Écosse. Son travail, réalisé dans
des lieux aussi divers que le Pôle nord, le désert australien,
le Japon ou la ville de Digne (Alpes de Haute-Provence), a fait l’objet
de nombreuses expositions, notamment sur les toits du Metropolitan
et du Jewish museum de New York. La galerie Lelong, à Paris,
l’a exposé en 2006 pour la troisième fois.
Le film Rivers and tides (2005) est disponible en DVD. Un ouvrage,
Passage (2004, Anthèse. 30, avenue Jean Jaurès. 94117
Arcueil) donne également une riche présentation de
son œuvre.
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UN CONCEPT
Un peu de logique s’il vous plaît. Place à une notion fondamentale
et
fondatrice sévèrement résumée. Parce que la médiologie
ne se sait pas science, elle s’exige rigueur et cohérence.
Représentation
Représenter implique généralement l’extraction
d’un schème à partir d’un territoire et
sa transposition dans un autre monde – dont les matériaux,
les supports ou l’élément sont plus diaphanes
ou faciles à manier – appelé carte ; cette opération
de substitution ou d’allègement tient nos deux termes
fermement séparés de part et d’autre de la « coupure
sémiotique » : le signe n’est pas la chose, le
mot chien ne mord pas – non plus que son image d’ailleurs.
Et « ceci n’est pas une pipe » (vous ne pouvez
pas la fumer). Cette coupure qualifie donc l’accès au
symbolique, soit un certain propre de l’homme.
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SYMPTÔMES
Ici, chacun s’en donne à cœur joie et à compte propre
sur
tel ou tel sémaphore de l’esprit du temps. |
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Défense et illustration
du cycliste et du piéton, par Gaspard-Marie Janvier
Gaspard-Marie Janvier. est écrivain.
Libraires télégéniques : la fonction « coup
de cœur », par Guillaume Zorgbibe
Guillaume Zorgbibe est doctorant en
philosophie politique à Paris
IV-Sorbonne, membre associé du groupe de recherche ETOS de
l’INT-Management et éditeur aux Éditions du Sandre.
Injustes radars, par Maurice Sachot
Maurice Sachot est professeur en sciences
de l’éducation à l’université Marc
Bloch (Strasbourg).
Pinault Show, par Daniel Bougnoux
Hamlet en une heure vingt, par Daniel Bougnoux
Correspondance : pour un courrier
des lecteurs ?, par Gilles Clamens et Antoine Perraud
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