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Nous, le réseau,
par Paul Soriano
Wikipédia, dispositif technologique, culturel et social,ouvre
une véritable terre de mission à la réflexion
médiologique. En tant que dispositif de production et de
diffusion de savoir. Et plus encore en tant que collectivité en
réseau, à la fois ludique, productive et néanmoins
rétive au commerce qui investit (dans) l’Internet
social.
Paul Soriano
est chargé de mission « études et recherches » à la
direction de la stratégie du groupe La Poste. Dernier livre
publié : Internet, l’inquiétante extase, avec
Alain Finkielkraut (Mille et Une Nuits, 2001). Docteur ès
lettres, il a soutenu une thèse sur l’Antiquité. |
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Adn : la tyrannie de
la transparence ?, par Monique Sicard
« Si, comme Zola, nous déclarions que nos personnages
sont veules, faibles, lâches ou mauvais à cause de
l’hérédité, à cause de l’action
du milieu, de la société, à cause d’un
déterminisme organique ou psychologique, les gens seraient
rassurés, ils diraient : voilà nous sommes comme ça,
personne ne peut rien faire ; mais l’existentialiste, lorsqu’il
décrit un lâche, dit que ce lâche est responsable
de sa lâcheté. Il n’est pas comme ça
parce qu’il a un coeur, un poumon ou un cerveau lâche,
mais il est comme ça parce qu’il s’est construit
comme lâche par ses actes. » Sartre, L’existentialisme
est un humanisme, Nagel, 1946.
Monique Sicard est chercheuse au centre de
recherches sur les arts et le langage de l’École des
hautes études en sciences sociales. Dernier livre publié :
La Fabrique du regard (XV-XXe siècle). Images de science et
appareils de vision, Odile Jacob, 1998.
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« Think
tanks », penser pour peser, par François-Bernard
Huyghe
Les think tanks, ces centres de recherche élitistes
qui produisent des idées destinées à inspirer
les politiques, font de la médiologie appliquée : ils
font passer le message et se veulent médiateurs.
François-Bernard Huyghe est docteur
d’État en sciences politiques, habilité à diriger
des recherches en sciences de l’information et communication.
Il intervient comme formateur et consultant. Dernier livre paru :
Comprendre le pouvoir stratégique des médias, Eyrolles,
2005. Voir son site www.huyghe.fr.
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Le
Québec : une identité en péril, par Catherine
Bertho-Lavenir
À défaut de croyances partagées pour les inscrire
dans la durée et de projet politique pour les projeter dans
l’avenir, les dispositifs identitaires entrent en crise. Alors,
les initiatives communautaires, culturelles ou artistiques de la
société civile semblent se disperser, orphelines du
grand récit qui leur donnerait du sens. L’exemple du
Québec.
Catherine Bertho-Lavenir est professeur d’histoire
contemporaine à l’université Paris III-Sorbonne
nouvelle. Elle s’est occupée, en 2006, de la chaire « Étude
de la France contemporaine » à l’université de
Montréal. Son dernier livre : Histoire des médias,
de Diderot à Internet, avec Frédéric Barbier,
Armand Colin.
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Entre fiction et biographie
: l’inversion des valeurs, par Jacques Lecarme
Le roman est une fiction, la biographie se veut un récit
véridique et effectif. Il semble établi que le roman
est le genre roi, et que la biographie est un genre inférieur.
Or un fait étrange apparaît : le public dévore
des biographies portant sur des écrivains dont il ne veut
ou ne peut lire les romans. Les clients, une fois de plus, auraient-ils
raison ?
Jacques Lecarme est professeur émérite
de littérature française à l’université Paris
III. Dernier livre paru : L’Autobiographie, avec Éliane
Lecarme-Tabone (Armand Colin, 2004). |
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Les infrastructures
de l’immédiat,
par Eirick Pouhaër
Zéro délai, zéro distance, zéro stock,
zéro intermédiaire ? À vrai dire, rien ne consomme
davantage de temps, de moyens matériels, logiciels et organisationnels
que la fabrication de l’immédiateté apparente.
Visite guidée des dispositifs que le clic met en branle.
Eirick Pouhaër, formations en sciences économiques, études
politiques, sciences de l’information et de la communication,
a exercé les fonctions de professeur d’économie
générale et de gestion des entreprises, de concepteur-réalisateur
de sites Web. Axes de recherche : l’appropriation des techniques,
changements techniques et organisationnels, et les médiations
techniques sur le Web.
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La jouissance intégriste,
par Albert Assaraf
Aujourd’hui comme hier, l’hyperreligiosité s’accompagne
d’un intense désir de dépassement du stade sexuel,
si ce n’est de son annihilation pure et simple. Comme si ce
dépassement ouvrait la voie à une jouissance d’un
autre ordre, probablement supérieure. Sinon, pourquoi déserter
l’une pour totalement s’adonner à l’autre
?
Albert Assaraf est informaticien, auteur
de L’Hérétique : Elicha ben Abouya ou l’autre
absolu, Paris, Balland, 1991, et de plusieurs articles sur la dimension
relationnelle du langage, des croyances et des idées religieuses.
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Saint
François et le sultan, par François Durand-Gasselin
Chaque époque a interprété à sa
manière et selon ses besoins la rencontre, devenue emblématique,
de François d’Assise et du sultan Al-Kâmil. Resituée
dans son contexte historique, elle retrouve sa saveur propre et reste
porteuse d’une leçon de réalisme et de modestie,
dont l’actuel dialogue des cultures et des religions aurait
tout intérêt à s’inspirer.
François Durand-Gasselin (frère
Anselme) est moine bénédictin de l’abbaye d’En
Calcat. |
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PENSE-BÊTE (1),
par Régis Debray
Amorces, préludes, incipit de livres
possibles ou d’articles à faire : ces notes et observations,
inspirées par les rencontres de l’actualité à Régis
Debray, pourraient s’intituler « Le journal d’un
médiologue ». Notre revue publiera régulièrement
ce témoignage subjectif et bohème (qui porte ici sur
le mois de novembre 2007).
Régis Debray sortira le 2 février
2008, Un candide en Terre sainte, Gallimard. |
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BONJOUR L'ANCÊTRE
Ici, contre l’amnnésie et la désinvolture,
un médiologue d’aujourd’hui célèbre
un maître d’hier oublié ou méconnu.
Le comte de Saint-Simon (1760-1825),
Penseur du changement social, avec Pierre Musso
Saint-Simon est un fondateur. Sa « philosophie
inventive » a fixé les règles de la méthode
pour conduire la réforme sociale. Il se déclare d’ailleurs « réformiste »,
au sens où sa problématique est celle du changement
social, hic et nunc. Il vise « une mise en activité » générale
des forces industrielles, comme il le déclare dans le Catéchisme
des industriels : « Nous essaierons de faire entrer en activité les
passions généreuses
des hommes qui possèdent les capacités les plus positives. »
Pierre Musso est professeur à l’université de
Rennes II. Dernier livre publié : Le Vocabulaire de Saint-Simon,
Ellipses, 2005.
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SALUT L'ARTISTE
Ici, contre modes et paresses, un coup de projecteur éclaire un coin d’ombre
dans la forêt des formes actuelles.
Ndary Lo, dialogue de résonances
par Éliane Burnet
Parler d’un artiste africain, c’est marcher sur un territoire
miné tant il est habité par des désirs divergents.
Pour ranimer et réenchanter un art qui parfois s’étiole
en Occident, certains commissaires occidentaux puisent dans ce nouveau
vivier ; l’artiste devient alors une sorte d’« Africain
de service » pour le « zoo artistique » des grandes
expositions africaines occidentales. Certains artistes africains
souhaitant prendre une place sur le marché international cèdent
au vertige des attentes d’africanité de la part de l’Occident.
D’autres, au contraire, se voulant artistes avant tout, effacent
tout ce qui pourrait faire africain pour se fondre dans une certaine
uniformité de l’art occidental. De leur côté,
certaines « communautés » africaines, au risque
de l’enfermement, font pression sur les artistes pour qu’ils
expriment seulement leur identité africaine, comme si l’appartenance à un
continent suffisait à créer une identité artistique.
Sans parler des discussions pour savoir si un artiste africain est
africain avant d’être artiste ou artiste avant d’être
africain.
Éliane Burnet est directrice
du département de philosophie de l’université de
Savoie.
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UN CONCEPT
Un peu de logique s’il vous plaît. Place à une notion fondamentale
et
fondatrice sévèrement résumée. Parce que la médiologie
ne se sait pas science, elle s’exige rigueur et cohérence.
Indignation, par Pierre D’Huy
Définition : « Sentiment de colère que soulève
une action qui heurte la conscience morale, le sentiment de justice. » Il
s’agit là d’une affaire sérieuse : on s’indigne
face à un acte immoral qui met en cause sa propre dignité.
Le concept antique d’indignation – aganaktein – fut
l’une des pierres de touche de toute la pensée morale
grecque.
Pierre D’Huy est consultant international
en management de l’innovation, professeur associé au
Management Institute of Paris, enseignant au CELSA Sorbonne-Paris
IV. Dernier ouvrage paru, L’Innovation collective, Éditions
Liaisons sociales, 2003 et 2007. |
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SYMPTÔMES
Ici, chacun s’en donne à cœur joie et à compte propre
sur
tel ou tel sémaphore de l’esprit du temps. |
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Gardarèm lou
marché, ou l’environnement de Grenelle, par Pierre
Murat
Dans la colline, ce ne sont qu’arbousiers aux boules
trop
tôt mûries, dures et rabougries, lauriers-tins recroquevillés,
arbrisseaux cramoisis. Inutile de s’acharner à arroser
dans le jardin les deux érables ou le magnolia, ils agonisent.
Au fond du vallon, l’apiculteur se désespère
: bruyères sans fleurs, romarins qui s’effritent à vue
d’oeil. D’année en année, les ruches
ont moins produit ; cette fois-ci, il a laissé à ses
abeilles leur peu de miel pour qu’elles subsistent.
Pierre Murat est professeur de lettres en
classes préparatoires à Marseille. Spinoza
mode d’emploi, par Daniel Bougnoux
Professeur de littérature française du XVIIIe siècle à l’université Stendhal
de Grenoble, Yves Citton vient de signer sur Spinoza une étude
d’une ampleur qui étonnera bien des philosophes chevronnés.
Daniel Bougnoux est professeur émérite à l’université Stendhal
de Grenoble.
Un étrange médium :
la poésie, par Alain Moreau
Pourquoi des poèmes dans
notre dernier numéro ? La question a été posée.
Un lecteur a répondu… D’abord, parce que l’émetteur « Je » « est
un autre » (Rimbaud). Ensuite, parce que le récepteur,
lui aussi, est un autre. Pris dans un suspend de la temporalité banale
(le trois en un : passé, présent, avenir). Tous se
retrouvent communément « possédés »,
comme le dit le jeune Platon – lorsqu’il aimait encore
Homère !.
Alain Moreau est poète, essayiste et économiste. A
publié notamment Structure de la relation (L’harmattan),
L’Acier en mouvement (Presses de l’École des mines»), Éloge
de la vieillesse (Bibliophane).
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