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Les nouvelles hybrides,
par Paul Soriano
L’hypersphère n’abolit pas les précédentes,
logo, grapho, vidéosphère. Elle tend plutôt à les
absorber, comme le numérique absorbe tous les signes. Non
pour fusionner, mais pour en délivrer la circulation. D’où une
profusion de formats, anciens (livre, journal, lettre, revisités),
nouveaux ou renouvelés. Reste à savoir quelles énergies
vont mouvoir ces flux.
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Glissements progressifs
de l’autorité ,
par Daniel Bougnoux
L’archaïque, l’archonte, l’archive, ont
lié de façon immémoriale le commencement au
commandement, et l’autorité à un certain pouvoir
de maîtriser ou de rejouer l’origine. Ce pouvoir a
peu à peu glissé, avec l’idéologie progressiste
des Lumières, vers celui d’annoncer et de décrire
l’avenir. C’est cette double autorité, liée à une
perspective historique et à une durée, qui vacille
aujourd’hui dans un présent aux représentations
fort incertaines.
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Logistiques
de l’écrit, par Yves Jeanneret
Il y a quelque chose de pourri au royaume
des objets d’art – rêverait peut-être un
Hamlet d’aujourd’hui, en allant et venant entre un musée
qui ferme et un autre qui s’ouvre, le Trocadéro et le
quai Branly, ou encore entre les réserves en sous-sol et les
salles d’apparat. Un voyage à travers les limbes de
la transmission contemporaine pose la question préjudicielle
: qu’est-ce qui distingue un objet d’exposition d’un
objet tout court ? Les « arts » de «l ’Art » ?
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Le
livre déplié, par
Michel Melot (entretien avec Louise Merzeau)
Un livre capital et récapitulatif de Michel Melot, accompagné de
photographies de Nicolas Taffin, a paru aux éditions L’Œil
neuf sous le simple titre de Livre,. Constatant que le contenu des
livres, textes et images, se retrouve aujourd’hui transféré sur
Internet, l’auteur s’attache à comprendre pourquoi
la forme du livre continue d’être si pratiquée
et résiste à sa puissante concurrence. Henri Michaux
disait que la vie réside et résiste dans les plis ;
cette intuition, qui intéresse autant le biologiste que le
médiologue, se trouve ici développée : c’est
en examinant le corps même du livre que l’on explique
l’attachement qu’on lui porte, et sa paradoxale bonne
santé !
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Après le journal,
les journalistes, par Pierre Assouline
Tenir un blog, écrire des livres, intervenir comme journaliste
: ces modes n’ont rien d’incompatible, comme en témoigne
Pierre Assouline. Les temps, les formats, les styles, les publics,
ne sont pas les mêmes, mais le blogueur-écrivain peut
dire lui aussi que « ceci fécondera cela ».
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Inondation médiatique
et presse écrite, par Jean-Marie Charon
De tous les « médias papier », la presse est
le plus diversifié. Elle présente donc le plus large
spectre d’évolutions possibles. Si la dichotomie presse
quotidienne/presse magazine reste essentielle, il faut aussi prendre
en compte la périodicité des titres et détailler
les réponses des acteurs au défi du numérique,
entre le « tout électronique » et l’objet
magazine. La dynamique de l’offre sera sanctionnée par
les usages et les modèles économiques.
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Laisser dire, laisser
passer, par France Renucci
L’histoire de la liberté d’expression montre
que, lorsque les instances politiques acceptent de laisser dire,
elles engagent dans le même temps les moyens du laisser passer.
Pour évoquer les aides postales de l’État à la
presse, il a donc été nécessaire de croiser
les trois sources des éditeurs, de La Poste et de l’État.
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La
relation épistolaire,
par Paul Oraison
Quand on lui parle de lettre, le médiologue,
celui qui regarde le doigt plutôt que la lune, se demande aussitôt
ce que fait la police de caractères dans la réception
du message. Ou bien il suggère que le message, c’est
le papier. Ou bien il entreprend une histoire des instruments d’écriture,
ou encore de la poste, et ainsi de suite. Nous l’invitons ici à vaincre
ses préjugés pour découvrir enfin ce que la
lettre, dépouillée de ses accessoires, dit et fait.
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Truffaut,
homme de lettres, par Régis Debray
Pas étonnant que François Truffaut,
autodidacte et grand lecteur de romans, ait éprouvé le
besoin, entre deux films, de se confier par écrit, âme
et cœur. Ce qui nous en dit beaucoup sur un art oublié. |
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Le
cauchemar de Proust, par Pierre-Marc de Biasi
Écrire ou téléphoner
? L’alternative s’est posée à Proust, et
on mesure par sa correspondance ce que le choix du téléphone
nous aurait coûté. Et le mail, et les écrits
d’écran ?… Bien loin de fermer au chercheur la
grande nuit des brouillons, la nouvelle technologie nous ouvre peut-être
leur âge d’or. |
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Défaut
de correspondances, par Jacques Lecarme
Tandis que la lettre construit au fil du temps
une correspondance, une relation complète où l’attente
n’est pas étrangère à la qualité de
la jouissance, les nouveaux moyens de communication précipitent
la frustration des éjaculations précoces. |
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La
sacoche du facteur, par Marc Pontet
Quand on essaie de saisir, d’un point
de vue postal, ce qu’est la réalité du courrier
aujourd’hui dans le monde, on est d’abord surpris par
l’étonnante disparité du nombre de « plis » reçus
par habitant et par an dans les différents pays : entre quelques
dizaines à peine et quelques centaines. Ces écarts
appellent toutes sortes d’explications, mais nul doute que
l’ancienneté et la qualité du service postal
sont déterminantes. C’est la raison pour laquelle la
poste française continue d’investir dans le courrier,
en dépit de prévisions pessimistes, jusqu’à présent
régulièrement démenties, sur son avenir. Qu’est-ce
qui fait donc tenir le courrier postal ? |
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Vos
papiers !, par Daniel Perrin-Dinville
Livret de famille, factures, quittances de
loyer, relevés de compte, avis d’imposition : que de
papier(s) pour relever les traces de notre existence ! Mais toute
cette paperasse ne saurait plus longtemps nous encombrer : un ordinateur,
une imprimante, un scanner, le tout connecté à un blockhaus
informatique, et la dématérialisation peut commencer. |
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Le
désordre du discours, par Jean-Rémi Gratadour
L’hypertexte est plus qu’un nouveau
mode de lecture-écriture affectant notre rapport avec les
textes délivrés de leur « clôture ».
Aussitôt rattrapé par la publicité, son principe
contamine l’ensemble des médias et les organise en système
: de l’hypertexte à l’hypersphère en passant
par l’hypermédia. Paradoxalement, cet activisme hypertextuel
donne des arguments aux anciens médias, moins astreignants. |
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Paroles
d’entreprises, par Entretien avec Jeanne Bordeau
Les idées ne voyagent pas toutes seules,
sans risque de se voir dépouiller en chemin de leur seul bagage à valeur
déclarée : le sens. L’intégrité sémantique
requiert des (a)ménagements. Jeanne Bordeau, qui a fondé et
dirige l’Institut de la qualité de l’expression
y convie les entreprises et autres institutions. Au-delà,
ou plutôt en deçà de l’envahissante communication,
nous lui avons demandé de nous entretenir du langage et des
discours d’entreprise. |
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BONJOUR L'ANCÊTRE
Ici, contre l’amnnésie et la désinvolture,
un médiologue d’aujourd’hui célèbre
un maître d’hier oublié ou méconnu.
François de Neufchâteau
, La craie et l’ardoise
avec Robert Damien
Né en 1750. Mort en 1828. Procureur
général à Saint-Domingue, député à la
Législative, dont il fut président, il est incarcéré sous
la Terreur, mais Thermidor le libère. Ministre de l’Intérieur
sous le Directoire, président du Sénat, il fut créé comte
de l’Empire. Poète et fabuliste, il est aussi agronome,
membre des sociétés d’agriculture, dont il promeut
le développement. Spécialiste des tableaux statistiques
comme outil de gouvernement, il est l’organisateur de la première
exposition publique des produits de l’industrie, ancêtre
des futures expositions universelles.
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SALUT L'ARTISTE
Ici, contre modes et paresses, un coup de projecteur éclaire un coin d’ombre
dans la forêt des formes actuelles.
Louise Merzeau par Régis
Debray
Pour joindre l’acte à la parole médiologique,
la monstration à la prédication, il faut plus que du
talent, il faut de l’audace. Louise Merzeau ne manque ni de
l’un ni de l’autre. Elle s’implique comme artiste,
dans ce qu’elle explique théoriquement, par concepts. Écrivain
et photographe, graphiste et imagière, elle a l’hybridité heureuse
et radicale. L’hypersphère, elle nage dedans, elle vit
avec, elle en fait un exercice visuel et quotidien. Ses montages
ne sont pas les illustrations a posteriori d’une thèse
d’université ou la transposition sur écran d’une
idée du monde : ce sont les symptômes d’un travail
en cours, celui du monde d’aujourd’hui, tel qu’il
se fabrique, se visionne et se vit en chacun de nous, sur et par
l’écran.
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UN CONCEPT
Un peu de logique s’il vous plaît. Place à une notion fondamentale
et
fondatrice sévèrement résumée. Parce que la médiologie
ne se sait pas science, elle s’exige rigueur et cohérence.
Logistique par Paul Soriano
La logistique est l’art d’acheminer et d’agencer
des éléments dispersés en vue de produire un
tout organisé. Rien de plus médiologique que l’histoire
de la logistique. Elle s’applique en effet d’abord aux
choses de l’esprit avant de rejoindre les corps et l’empirie,
dont elle tend à nouveau à s’affranchir vers
la fin du xxe siècle. En vain : les idées mêmes
ne sauraient voyager sans conteneurs. Logistique et sémiotique
forment un couple inséparable.
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SYMPTÔMES
Ici, chacun s’en donne à cœur joie et à compte propre
sur
tel ou tel sémaphore de l’esprit du temps. |
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Déliaison dangereuse
: Quartett, par Daniel Bougnoux
Comment, avec des moyens scéniques, rebondir et renchérir
sur le texte des Liaisons dangereuses ? Dans le duel Merteuil-Valmont,
chacun se fait d’abord violence à lui-même ; la
morale aristocratique consiste à ne pas dépendre, à ne
jamais se laisser asservir, fût-ce au plaisir ou au sentiment.
Dans cette guerre hégélienne des consciences (des sexes,
des conditions…), d’une folle cérébralité,
celui qui s’attendrit ou qui « tombe » amoureux
a perdu.
Dissonance, par Régis Debray
Objet de spectacle et objet
de lecture, le théâtre
est né et a grandi entre deux chaises, Michel Vinaver l’a
excellement dit et redit. Cet hybride instable, ce mulet improbable,
participe à la fois de l’événement,
comme acte de représentation, et de la littérature,
comme texte stable et pérenne. Et s’il n’en
allait pas ainsi, que nous resterait-il aujourd’hui de l’événement
Sophocle, ou Shakespeare, ou Brecht ?
Cyrano à la lettre, par Daniel Bougnoux
Pourquoi le retour de Cyrano de Bergerac
au Français, malgré la
peu enthousiasmante mise en scène de Denis Podalydès,
fait-il figure d’événement ? Qu’y a-t-il
dans cette pièce, au-delà des rodomontades, des tirades
et des mots d’auteur, d’inconditionnellement séduisant,
voire d’irrésistible ?
La lettre volée trois fois par le cinéma,
ou la relation épistolaire dans « Three Times » de
Hou Hsiao-hsien,
par Tanguy Bizien
Le cinéaste taïwanais
Hou Hsiao-hsien, depuis le début des années 80, ne
cesse d’explorer la mémoire de son île en même
temps que ses souvenirs personnels. Three Times1, son dernier film,
ne déroge pas à la règle, malgré la volonté du
cinéaste, énoncée clairement en 1999, de laisser
l’histoire de Taïwan derrière lui et de « filmer
le présent ».
Saint Paul a-t-il écrit des lettres ?, par
Régis Burnet
Pour la culture occidentale dans laquelle nous nous mouvons, l’influence
de la correspondance paulinienne sur le genre épistolaire
a été décisive. Grâce à Paul, ce
moyen de communication un peu fruste – rien ne remplacera la
conversation entre amis, martelait déjà le Stagirite
et après lui Cicéron, qui voyait dans la lettre un
pis-aller au colloquium amicorum – acquit une respectabilité apostolique.
La Poste en garde-fou de La Croix ?, par
Antoine Perraud
Pourquoi le quotidien La Croix n’a-t-il
pas hurlé avec les loups lors d’affaires qui conduisirent
la presse à dénoncer des coupables imaginaires en se
fondant sur les imputations de soi-disant victimes : Outreau et son
prétendu réseau pédophile, ou Alègre
organisant de prétendues soirées sado-masochistes pour
des notables de Toulouse lui garantissant l’impunité ?
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